Comparaison de 6 API de description d’images appliquées à des pages couvertures de livres (deuxième partie)

Pour connaître le contexte de cette comparaison et la méthodologie utilisée, il faut lire la première partie du texte.

Barème d’évaluation des résultats

Nous avons généré une version tabulaire des résultats détaillés obtenus avec Cloudy Vision, contenant également nos annotations humaines, de façon à accorder une note à chaque résultat d’API. L’évaluation des résultats étant subjective, nous avons choisi de la limiter à une catégorisation selon le barème suivant :

  • A : les résultats pourraient être utilisés dans l’état ou presque
  • B : les résultats pourraient être utilisés en partie suite à une intervention humaine (corrections, retraits, ajouts)
  • C : les résultats ne sont pas utilisables

Il faut noter que notre évaluation est faite dans une perspective d’indexation, pas de description. Il nous apparaît utopique, à ce stade, d’espérer qu’une des API génère des mots-clés suffisamment précis pour décrire la couverture. Nous cherchons plutôt à générer des mots-clés qui peuvent alimenter un moteur d’indexation et de recherche. Le souhait est que l’image soit identifiée quand un consommateur cherche un des mots-clés obtenus par l’API, mais pas d’afficher cette liste de mots au consommateur. Pour cette raison, nous avons accordé des A ou des B quand plusieurs mots-clés convenaient, même si certains pouvaient être parfois être à la limite de ce qui décrit l’image (pourvu que cela restait dans la bonne thématique).

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À titre d’exemple, nous avons accordé un A à Amazon Rekognition pour les mots-clés « Glacier (0.99), Ice(0.99), Mountain(0.99), Nature (0.99), Outdoors(0.99), Snow(0.99) ».

Notre évaluation détaillée est disponible ici.

Évaluation des API

En résumé, nos notes se répartissent comme ceci :

Note Amazon Rekognition Microsoft IBM Google Cloudsight Clarifai
A 6 2 1 3 0 2
B 16 19 15 20 2 30
C 26 27 32 25 44 16

On constate que nous avons accordé très peu de A. En effet, malgré plusieurs résultats impressionnants, il est assez fréquent que les mots-clés contiennent également des termes qui ne s’appliquent pas du tout, ou qu’il manque un élément essentiel. Dans ces cas, nous avons attribué un B.

Si on analyse la situation strictement du point de vue de la note A, la solution Rekognition d’Amazon semble être la meilleure (mais encore, à moins de 13 % d’efficacité, on hésite à utiliser le superlatif). On obtient un portrait différent si on considère les A et les B de façon cumulative :

Note Amazon Rekognition Microsoft IBM Google Cloudsight Clarifai
A et B 22 21 16 23 2 32
En % 46 % 44 % 33 % 48 % 4 % 67 %

Dans ce cas, c’est Clarifiai qui se démarque positivement.

Notons que le mauvais résultat de Cloudsight s’applique à notre contexte : dans pratiquement tous les cas, Cloudsight indique « couverture du livre [titre] ». C’est une bonne description dans un contexte généraliste de reconnaissance d’image, mais c’est inutile (d’où les C) pour nos besoins.

Notons enfin que pour la plupart des API, il y a de grands écarts dans la qualité des résultats selon le type d’image utilisé sur la page couverture. En faisant l’analyse seulement sur les photographies, les résultats Amazon Rekognition se rapprochent de Clarifai sur les notes A et B (63 et 68 % respectivement). Sur les illustrations figuratives (réalistes, pas stylisées), les résultats sont encore meilleurs (88 % pour Clarifai, suivie de Amazon Rekognition et Microsoft à égalité à 75 %).

Vous pouvez pousser l’analyse à l’onglet Sommaire de notre compilation des données.

Notes sur les couleurs

Notre expérience portait également sur l’identification des couleurs dominantes des pages couvertures. Voici quelques notes à ce sujet :

  • L’API de Google nous fournit des couleurs sous forme de code hexadécimal. C’est utile pour générer d’autres images dans les mêmes tons, mais inutile pour atteindre les objectifs qu’on cherche (un humain va demander « vert », pas « #00FF00 »).
  • L’API de Microsoft retourne certaines couleurs en mélangeant des appellations « humaines » (comme « White ») et des codes hexadécimaux. Elle indique également si la couleur est une couleur d’avant-plan, d’arrière-plan, ou d’accent. Les résultats sont parfois bons, mais aussi parfois plus douteux, comme lorsque le blanc est identifié comme couleur dominante de couvertures pour lesquelles notre classificateur humain n’avait même pas remarqué cette couleur.
  • L’API d’IBM identifie les couleurs par leur nom. Toutefois, dans certains cas, l’appellation de la couleur est trop précise pour correspondre à une requête humaine (il apparaît peu probable qu’un consommateur de livre mentionne que la couverture est « rouge d’alizarine »). De plus, elle semble se limiter aux couleurs d’accent, ignorant souvent les couleurs d’arrière-plan, en particulier s’il s’agit de blanc.
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Ici, on ne comprend pas pourquoi l’API de Microsoft identifie le blanc comme couleur dominante d’arrière et d’avant-plan.

Au final, les résultats des l’API d’IBM et de Microsoft (nous avons exclu Google parce qu’il n’offre pas de noms « humains » pour les couleurs) sont similaires selon notre barème d’évaluation. Toutefois, considérant que les résultats sont imparfaits et contiennent des termes peu représentatifs du langage utilisé par les consommateurs, nous croyons qu’il serait possible de faire aussi bien sans utiliser d’API ni d’algorithmes d’apprentissage automatique. Nous explorerons cette option plus tard dans le cadre des travaux de Projet TAMIS.

Notons que nous pourrions également tenter de convertir les codes de couleur fournis par Google vers des noms de couleurs. Nous avons choisi de ne pas le faire ici puisque nous voulions comparer les API disponibles sur le marché sans adaptation supplémentaire.

Autres observations

L’observation détaillée des mots-clés identifiés par les API a permis de constater que dans certains cas, les IA sont en mesure d’identifier des concepts associés aux images, pas seulement les objets qui y apparaissent.

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Clarifai voit de la « togetherness » dans cette illustration.
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Clarifai voit « love » et « freedom » dans celle-ci.

Alors qu’on cherchait à décrire factuellement ce qui était illustré dans les images, nos API nous amènent plus loin. Ces mots-clés ne seraient certainement pas nuisibles pour les objectifs que nous avons, mais ils pourraient également être à la base d’outils de mise en marché innovants (une sélection de livres qui regroupés autour d’une idée évoquée par leur page couverture, par exemple).

Conclusions

À ce stade, considérant les faibles résultats, il ne semble pas réaliste d’utiliser des algorithmes de description par mots-clés automatisés sur n’importe quel lot de pages couverture.

Toutefois, cela pourrait s’avérer faisable sur des lots de titres dont la couverture présente une photographie ou une illustration figurative. On peut donc imaginer qu’un traitement automatisé pourrait s’appliquer à certaines collections, voir à une majorité de titres pour les catalogues de certains éditeurs.

Dans une telle situation, notre recommandation serait d’utiliser l’API Clarifai, ou encore mieux, de combiner les résultats de Clarifai et ceux d’Amazon Rekognition.

Une réflexion sur “Comparaison de 6 API de description d’images appliquées à des pages couvertures de livres (deuxième partie)

  1. Ping : Comparaison de 6 API de description d’images appliquées à des pages couvertures de livres (première partie) – Projet TAMIS

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